Vallée de la Save - Escanecrabe

Escanecrabe





La grande commune a été formée à partir de deux communautés séparées par la Save. Son nom, « Scande Capra » signifie monte-chèvre et évoque l'escarpement abrupt au-dessus de la rivière où s'élève le village qui comptait plus de 1000 habitants en 1821...
Une charte des coutumes a été accordée aux habitants en 1278 par l'un des seigneurs du lieu, Gailhard de Benque. Le régime féodal dans cette partie du comté de Comminges était particulièrement complexe, plusieurs seigneurs se partageant la souveraineté : au XIIIème siècle, les Seadoux, les Castera, les Benque... Les Hospitaliers, devenus ordre de Malte, possédaient aussi des droits sur Escanecrabe ! malgré le jeu incessant des alliances, des mariages, des successions et des échanges, la prospère communauté (avec foires et marché) était régulièrement dirigée par quatre consuls qui présidaient un conseil des habitants et géraient les affaires courantes
Le château féodal a disparu, abandonné, et a été remplacé par une construction classique, laquelle a brûlé assez récemment.
L'église, Saint-Macaire date de la fin du Moyen-âge (XIVème siècle), mais son curé, longtemps, officia aussi dans des chapelles annexes, à Saint-Germier de Castera, Sainte-Anne de Vignolles et surtout Saint-Sabin, sur l'autre rive de la Save, où un évêque venu d'Italie, évangélisateur du VIIIème siècle dans le diocèse d'Auch, aurait été martyrisé par les Sarrasins. Ses reliques auraient été miraculeusement découvertes par un jeune bœuf et conservées sur place dans une chapelle qui attira de nombreux pèlerins durant des siècles. La belle légende a été officialisée par l'Eglise et les reliques reconnues authentiques à plusieurs reprises.
Sauvées de la destruction de 1795, par des fidèles, elles furent transférées en 1803 dans l'église du village, et ramenées dans la chapelle reconstruite en 1846.

Considéré comme saint thaumaturge, Saint Sabin attirait les foules le 16 août chaque année, durant trois jours : en 1300, une chronique évoque le fait qu'on venait de trente lieues à la ronde, surtout depuis Auch... au XVème siècle, il fallait 22 prêtres pour entendre les confessions ! Et très nombreuses étaient les guérisons !
La première moitié du XXème siècle a vu encore cette affluence populaire qui a lentement diminué avant de disparaître.

Saint Sabin n'était pas que lieu de pèlerinage... Les « Pescafis » de Boulogne s'y réunissaient le 14 juillet pour un concours de pêche des plus fameux, tradition qui survécut à la Grande Guerre et ne se perdit que dans les années 50...